14h30 – 15h00 : Jean-Baptiste Massuet, Université de Rennes 2
Rémanences de l’acte de création chez Emile Cohl : pour un dessin affranchi de la prise de vue réelle ?
Cette communication se donne pour objectif d’interroger l’hybridité de l’oeuvre animée du cinématographiste français Emile Cohl, à l’aune du « premier » dessin animé de l’histoire, Fantasmagorie (1908), au sein duquel la main du créateur, filmée en prises de vues réelles, constitue une trace de l’acte de création jouxtant l’animation de dessins. Cet acte enregistré par la caméra représente à la fois la trace ou la rémanence d’un dispositif magique et scénique – le Lightning Sketch filmé – et le tracé au futur antérieur d’une nouvelle catégorie en voie d’émergence, celle du dessin animé statutairement autonome, délié de sa main créatrice, essentielle par exemple chez son prédécesseur américain, James Stuart Blackton.
Jean-Baptiste Massuet est doctorant en études cinématographiques à l’Université de Rennes II, sous la direction de Laurent Le Forestier et prépare actuellement une thèse sur les hybridations entre le dessin animé et le cinéma en prises de vues réelles. Son approche se situe à un croisement entre historiographie, théorie et esthétique. Ayant à son actif plusieurs publications, au sein d’ouvrages collectifs (Comédie Musicale – Les Jeux du Désir, Pierre Etaix – Histoire d’un Itinéraire) et de revues (1895, Les Cahiers du Circav, The Wild Bunch), il communique régulièrement sur son sujet de recherche, à Rennes, Montpellier, Bath, Dijon, ou encore Montréal.
15h00 – 15h30 : Arnaud Widendaële, Université de Lille 3
L’incrustation vidéo et le cinéma d’animation
L’incrustation vidéo sera envisagée comme une figure de passage – à la fois historique et esthétique – entre cinéma et vidéo. A partir d’une oeuvre charnière, Steps (Zbigniew Rybczynski, 1987), nous commenterons le basculement d’un régime à l’autre en examinant diverses stratégies de composition d’images. L’animation prendra ainsi la valeur d’un outil méthodologique en vue d’une inscription dans l’histoire des images en mouvement.
Arnaud Widendaële est chargé de cours en études cinématographiques à l’Université Lille 3. Il prépare actuellement une thèse sous la direction d’Edouard Arnoldy sur les différents modes de présence de la vidéo dans les films de Gregg Araki et Harmony Korine.
15h30 – 15h45 : Discussion
15h45 – 17h00 : Table ronde en présence de trois artistes participant à l’exposition
Laurent Pernot, Jannick Guillou et Laura Henno (Qubo Gas)
Présentation des oeuvres
Laurent Pernot
Né en 1980. Vit et travaille à Paris.
Après son diplôme du Fresnoy, Studio national des arts contemporains à Tourcoing, Laurent Pernot sillonne le monde avec une série de résidences et d’expositions qui le conduiront en Chine pour la Biennale de Wuyishan ainsi qu’à la galerie 1a Space à Hong Kong, à la Fondation Miro de Barcelone, à l’Intercross Creative Center de Sapporo (Japon), au musée Alvar Aalto en Finlande, aussi bien qu’en Grande-Bretagne, Allemagne, Pologne, Grèce, Norvège, Québec, Corée, Italie…
Sa maîtrise poétique de l’espace et du sujet ne se manifeste pas que dans l’image fixe mais aussi dans la vidéo, la composition musicale et des dispositifs d’installations. Sa démarche repose sur l’exploration des ambiguïtés profondes de l’existence et a toujours été influencée par les glissements possibles entre notions scientifiques et philosophiques, en particulier celles qui traitent de la conscience humaine et des particularités de la vie.
Jannick Guillou
Née en 1982 à Quimper, France.
www.d-coop.org/jannick-guillou
Elle entre à l’Ecole des Beaux-arts de Cornouaille à Quimper en 2000.
Progressivement, elle s’éloigne de la photographie plasticienne pour se tourner vers l’installation vidéo et élaborer des univers narratifs dans lesquels elle convoque des médiums tels que l’écriture, l’image animée et la sculpture. Elle effectue sa quatrième année d’études à l’UQAM à Montréal dans le cadre d’un échange scolaire. Elle s’installe ensuite à Bruxelles pour intégrer l’atelier d’Espace Urbain à La Cambre, elle développe alors un travail basé davantage sur la fiction et la performance.
En 2006, elle intègre le Fresnoy, Studio national des arts contemporains à Tourcoing, où elle réalise successivement un court-métrage et une installation vidéo dans laquelle l’image animée entretient une relation étroite avec son support de projection, l’espace et les tracés qui le délimitent.
En 2009, elle participe comme vidéaste et scénographe à un spectacle intitulé Attention, joué au théâtre Massenet à Lille, en collaboration avec la danseuse Audrey George et le guitariste Ivann Cruz. Cette création confronte son travail vidéo à l’espace scénique, et permet ainsi d’aborder autrement la relation entre le temps, l’écriture et l’espace.
En 2010, elle est résidente à la Cité Internationale des Arts à Paris et entame une collaboration avec les Ateliers Frédéric Laffy et à travers un projet vidéo en cours de conception se situant à la jonction entre art et design.
Depuis 2008, elle travaille régulièrement comme graphiste pour le cinéma (tournage et post-production).
En résidence à Pollen, Monflanquin, Lot et Garonne mi-février à mi-mai 2011.
QUBO GAS
Jef Ablézot (né au Havre en 1976), Morgan Dimnet (né à Lille en 1973) et Laura Henno (née à Croix en 1976) se sont rencontrés à l’université d’arts plastiques à Lille, avant d’intégrer le Fresnoy, Studio national des arts contemporains.
Ensemble ils créent en 2000 le collectif Qubo Gas et réalisent des oeuvres Net Art visibles sur les sites de la Tate Modern (Watercouleur Park, 2007), du LaM (Paper Moon, 2010) et de la MRES (Hullabaloo, 2010).
Qubo Gas est représenté par la galerie Anne Barrault à Paris, et a crée Smalticolor Edition, maison d’édition de multiples artistes.